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Suicide des médecins

mardi 12 février 2008

Serait-il possible que des médecins aient peur de mal faire leur travail ? Des médecins humains, désintéressés, qui croient en l’éthique et fassent honneur à leur profession ? Des hommes qui souffrent de l’image négative que l’on donne de la médecine de proximité pour justifier les déficits d’un système de protection sociale désuet ?

Après le suicide d’un médecin en janvier dans un commissariat, dont les derniers mots ont été "pour l’honneur", c’est un praticien qui a mis fin à ses jours dans son cabinet dans le nord de la France, la semaine dernière.

© Diego CervoL’information est reprise par le journal "La voix du nord" dans deux articles, intitulés "Le Portel : un médecin se suicide après avoir « raté » un diagnostic" et "Le choc après le suicide du médecin", qui tentent d’expliquer le geste de ce généraliste. Cet homme semble avoir eu peur d’être mis en cause et jugé responsable médiatiquement, avant même que l’on sache s’il avait mal agi. Rien ne dit qu’il avait « raté » son diagnostic, même si malheureusement un patient qu’il avait vu la veille, le matin, était décédé dans la soirée.

Ce drame laisse songeur et permet de se poser quelques questions :

- un journaliste qui écrit un article un soir l’a-t-il « raté » si son contenu n’est plus pertinent à la parution du journal en raison de l’évolution de la situation pendant la nuit ?
- l’image du médecin nanti, malhonnête, se lavant les mains de ses nombreuses erreurs de diagnostic et dont la place est sur le banc des accusés que l’on aime donner des médecins pour être politiquement correct et faire dans le sensationnel reflète-telle la réalité ?
- un médecin (comme n’importe quel citoyen) bénéficie de la présomption d’innocence au plan juridique, pourquoi devrait-il en être autrement au plan médiatique ?

Des années d’études, de confiance établie au contact de ceux dont on cherche à soulager les maux et souvent d’abnégation au service des malades rayées par quelques coups de plume en quête de sensationnalisme mériteraient une prise de conscience.
Que l’on craigne la justice, quand on est coupable, est une chose. Que l’on craigne les journalistes, quand on est innocent, en est une autre...

 

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