Cet article n’a pas pour but d’attiser une polémique sur Google.
Si Google est le moteur de recherche utilisé par le plus grand nombre d’internautes, ce n’est pas un hasard. Ses outils dérivés ont un énorme succès, car ils sont bien pensés et personne n’est forcé d’y faire appel. Rien n’oblige à cliquer sur les liens sponsorisés et à accepter le modèle économique du moteur de recherche, qui permet de financer des projets comme celui décrit dans l’article.
Nous sommes dans une société où le recueil des données nous concernant est permanent (consommation électrique, services bancaires, électronique embarquée dans les véhicules, communications téléphoniques, fournisseurs d’accès à Internet, etc.). Il convient de rester vigilant, comme vous le soulignez, mais l’ennemi n’est peut-être pas là où l’on voudrait nous le faire croire.
Le recueil des données de santé, en France, est prévu par la loi. Le code de la santé publique dispose de l’hébergement de ces données. En France, des tests à échelle régionale ont déjà été effectués sous l’égide des pouvoirs publics avec des partenaires comme Microsoft ou Siemens.
Le projet de Google a des particularités qui entraînent des différences juridiques majeures. Contrairement au dossier médical personnel informatisé prévu sur notre territoire, rien n’est imposé au patient. Le patient est volontaire. Personne n’est obligé d’utiliser les services de Google, que ce soit comme moteur de recherche ou comme véhicule de données de santé.
Aucun contrôle n’est effectué à partir de ces données quant aux dépenses de santé effectuées par le patient. En l’état actuel, il n’est pas prévu d’interfaçage avec des organismes de remboursement. L’outil est développé uniquement pour améliorer la qualité des soins. Le côté "big brother" est très nettement atténué par rapport à ce qui veut être imposé dans l’hexagone.
Un projet développé en concertation entre les patients, les médecins, les établissements de soins et les informaticiens, très différend du modèle français où les décisions politiques sont prépondérantes. On ne donne pas l’impression au patient d’être au coeur du dispositif. On l’y met réellement. Le patient est libre de ne pas communiquer les informations au médecin qu’il consulte. Le remboursement de sa consultation n’est pas dépendant de cet élément dans le projet de la Cleveland Clinic.
Un hébergement qui reste au sein des établissements de santé ou sous la responsabilité d’un professionnel de santé et auquel le patient a accès librement. Pas d’hébergement externalisé, ajoutant des coûts supplémentaires et des problèmes de droit qui finiront par alimenter le contentieux.
La gratuité côté patient comme côté professionnel, sans investissement public, ce qui est là encore très différent du modèle français financé (plusieurs milliards d’euros) en très grande partie par les contribuables.
Enfin, un outil qui devrait pouvoir s’adapter bien plus souplement aux évolutions incessantes des technologies, sans aucune lourdeur administrative.
Où est l’intérêt du patient ? Du citoyen ?
Dans quel système y a-t-il le plus de libertés ?
À méditer.